La compagnie Kiroul
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Présentation
mardi, 10 mai 2011

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Que vous dire ? Ah oui, ll faut prendre rendez-vous. Balcon ou parterre… ça dépendra de votre taille. Ce sera joyeux ou triste. Tout est affaire de point de vue. Nous déclinons toute responsabilité. Toute ressemblance avec des personnages ayant existé serait fortuite …etc… Un des responsables






De et avec : Valérie Tachon - Direction et Mise en scène : Cyril Puertolas
Ecriture : Eric Durnez - Graphisme et accessoires : Laure Mitrano
Montage son : Frédéric Rouziès - Réalisation décor : Renaud Hubert


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Tout commence par cette invite un peu trouble : représentation pour adulte consentant. Le spectateur, vous, moi, hameçonné prend rendez-vous. Le spectateur, appelons-le Tartarin, est conduit- acheminé serait plus juste - dans une petite pièce à la décoration défraîchie d’un appartement ou son antichambre, promesse de l’intimité attendue. Mais pas seul : une vingtaine d’autres Tartarin sont de l’aventure, ce qui enclenche une chorégraphie pour trouver où se mettre, avec ce corps grandi à proportion de l’espace réduit dans lequel on se trouve. Assise au centre, une vieille, qui prend son temps, referme un livre avant de nous jauger du regard. Et en retour : où regarder ? La vieille, ses voisins, la pièce, ses pieds ? Avec économie de gestes et de mots, cette étrange vieille nous installe. Chacun aura sa place et certains auront été remis à la leur, s’ils tentaient de retrouver une assurance si promptement bousculée.






En un tour de main, le rapport s’est inversé : celui qui a payé n’est plus celui à qui on doit. Il découvre, amusé ou irrité, qu’il sera mis à nouveau à contribution, et d’une drôle de façon. Par cette double question : qu’attend-on de moi ? Où est ma place ? La question de notre présence est posée et ne sera plus déposée. Rires, sourires, regards qui s’échangent, gestes qui exécutent, les Tartarin, de troupeau se font troupe, s’activent, sont en scène. Car la vieille connaît la musique, et de sa canne baguette, orchestre les opérations, distribue les tâches.



Chez « la logeuse » accueil du public









A peine installés, notre hôtesse quitte la pièce et nous laisse en plan. Son pas boitillant décroît au lointain, et durant quelques minutes, côte à côte, corps à corps, nous nous retrouvons dans une proximité à laquelle nous n’avions pas pensée. Nul ne peut s’ignorer ni ignorer sa position : face à une ouverture qu’il aura pratiqué dans une cloison, un placard. Et par ces « fenêtres », les spectateurs, par leur seul regard, pénètrent l’intérieur d’un autre appartement, une cuisine, vide de toute présence. Chacun détaille ce qui s’offre à sa vue et comprend qu’il est mis en position de voyeur. Chacun goûte ce moment, gêné ou rassuré, c’est selon, de n’être pas seul dans cette position. Tout ne semble pas perdu pour ces Tartarin consentants, même si présentement ils sont un peu perdus et dans le noir.










Chez Melle Tachon, Sandy structure fournie



Des pas à nouveau se font entendre, une porte s’ouvre, la lumière éclaire la pièce : entre une jeune et plutôt belle femme. Enfin de ce que l’on en voit, car les ouvertures ne permettent pas de tout voir. Et voir quoi ? Vingt minutes de la vie d’une femme, dans son intimité qui se révèle extraordinairement nôtre, nous qui l’épions. Claudiquant sur une seule chaussure. Elle est là, très proche, face à nous, et l’on craint d’être vu. De son répondeur, des voix se font entendre, rompant le silence et racontant un peu de son histoire : les tantes, les princes, les ordures. Complices à l’insu de notre plein gré, nous nous observons regardant par ces déchirures, cette femme, dénommée Sandy, qui se déconstruit à mesure que se construit son histoire. Nous ne verrons évidemment pas sa déchirure intime, mais nous sentirons craquer en nous bien des coutures de nos cicatrices.






Une proposition de rendez-vous laissé sur répondeur téléphonique, et notre proie échappe à sa solitude en nous laissant à la nôtre. Sandy est ressortie, vers une promesse et cette fin ouverte à l’imagination de chacun conclut la représentation. Nous autres Tartarin, arrivés un peu fripouille, ressortons un peu nouille de ce que nous avions imaginé, mais non bredouilles d’émotions et de questions. C’est cette subtile transformation que Melle Tachon opère. Nous n’avons rien vu venir et tout est arrivé parce que nous sommes là. De voyeurs, nous avons traversé le miroir et saisit notre reflet dans les éclats de cette vie prise à la dérobée. Ah oui, j’oubliais : Sandy est le diminutif de Cendrillon. Car c’est bien de Cendrillon qu’il s’agit, Cendrillon après minuit, entre soupe de citrouille, chaussures et poupées gonflables. La vieille ? C’est Sandy aussi, enfin pour certains. Pour d’autres, une logeuse indélicate qui monnaie son emplacement ; à moins que toutes deux ne soient de connivence, abusant de notre crédulité. D’autres encore, vous diront que vous n’y êtes pas : c’est la re-présentation d’une scène bien archaïque. Qu’on n’en dise pas plus, brisons là. Tout ceci n’est qu’un conte.